Natation

Quand j'étais gamin, que je vivais à Lucens, il n'y avait pas de piscine ni de lac pour me familiariser avec l'eau. Fort heureusement, on allait en famille dans la Broye, un peu en aval du village, où se trouvaient des "gots", des trous dans les rochers suffisamment profonds pour pouvoir s'y baigner. J'avais donc déjà quelques contacts avec l'eau plaisir, même alors que je vivais à la campagne.

Lorsque je suis arrivé à Lausanne, en 1958, j'ai emménagé dans le quartier de la Chablière (Ch. Aimé-Steinlen 7), qui se trouvait à proximité du Parc Valency. Dans ce parc venait d'être construit la première piscine de quartier, appelée piscine de Montétan. C'était un bassin extérieur d'une quinzaine de mètres sur dix environ, séparé en deux avec une partie peu profonde et une autre où je n'avais pas mon fond.
Comme l'entrée était gratuite, je suis devenu un utilisateur assidu et j'ai appris tout seul à nager. J'ai développé mon battement crawl, et je me souviens d'avoir été capable de faire une largeur sans respirer avant même d'avoir appris réellement à nager.
Cet apprentissage en autodidacte a déterminé ma manière de nager en compétition plus tard. J'ai toujours été un nageur de battement, avec les avantages (glisse, style coulé) et les inconvénients (manque de force dans les bras, problèmes de souffle sur les distances longues) qui vont souvent avec.

Le piscine de Montétan, non chauffée, m'accueillait presque chaque jour où j'avais un peu de temps, même lorsqu'il faisait froid. Le mercredi et le samedi, et presque tous les jours durant les vacances, j'allais à Bellerive, dont l'entrée ne coûtait pas cher (contrairement à Montchoisi). Mais il y avait près d'une demi-heure de marche depuis chez moi. La descente ne posait pas trop de problème, mais la remontée était pénible, après une journée au soleil et dans l'eau.
Le bassin unique (à l'époque) de Bellerive n'était pas chauffé, et l'eau était souvent très froide. On n'arrivait aux 20 degrés qu'à partir de juillet, mais j'y allais malgré tout sans trop rechigner.
C'est à Bellerive que j'ai participé à la première compétition de ma vie. Le club de Léman-Natation, dont les membres jouaient les vedettes parmi les baigneurs de "Bellos", organisait des concours populaires pour amener de nouveaux nageurs dans ses rangs. Je me souviens d'avoir fait un 50 libre en 56 secondes environ, et j'étais très content d'avoir passé sous une barre considérée par les organisateurs eux-mêmes comme la limite entre les bons nageurs et les autres. Mon père m'avait également félicité de ce résultat.
Par contre, juste après les courses populaires, nous avions tous admiré avec stupeur la démonstration faite par Pano Capéronis, alors au Léman-Natation, qui avait nagé sous les 30 secondes pour les 50m !

Juste à cette époque, ma famille a déménagé à Yverdon, en été 1965, si bien que je n'ai pas pu commencer à faire de la natation à Lausanne. En arrivant à Yverdon, mon père a renoncé à m'inscrire immédiatement au CN Yverdon car je suis tombé à vélo et j'étais complètement éraflé au visage. Comme nous étions en fin de saison et qu'il n'y avait pas de piscine couverte à Yverdon, je ne suis entré dans un club, le CN Yverdon, qu'au printemps 1966.

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