Le projet global qu'a présenté la Municipalité au début de l'année 2007 et qui a été accepté par le Conseil communal le 19 avril me semble répondre à pratiquement toutes les exigences posées au fil du temps en ce qui concerne cette zone de Vevey. Les citoyens et les conseillers s'étaient émus en 2005 de ce que le projet Constantin empiétait sur le Jardin du Rivage, et cela a été entièrement corrigé. Par contre, j'ai le sentiment que la volonté de conserver à tout prix le château dans le giron communal concerne surtout un cercle d'intellectuels, qui rêvent d'y développer des activités culturelles de haut niveau. Une partie de la population est peut-être sensible à la démagogie émotionnelle qui enrobe cette démarche élitiste, mais j'espère que les contingences bassement matérielles de cet aventurisme ramèneront les gens sur terre.
Sans prétendre que tout soit réglé d'une manière idéale par le projet de la Municipalité, je considère que les partenaires avec qui nous traitons sont des personnes respectables et qu'il n'y a pas de raison objective de mettre en doute leur volonté de réaliser quelque chose d'utile pour Vevey. La manière dont M. Grohe, en particulier, a été sali dans la presse m'a beaucoup touché, car cela traduit une haine anti-riches aussi peu acceptable que toute autre forme de préjugés amalgamant. Les journalistes, certainement aiguilllonnés par Maître Pierre, ont ainsi endossé l'habit valorisant du Robin-des-bois qui, seul, ose s'opposer aux menées des puissants et des despotes. Encore que les despotes ne soient pas forcément tous dans le camp qu'on imagine...
5 juin 2007: Mon "camarade" Pierre Chiffelle déploie une énergie incroyable pour faire échouer ce projet. J'aurais préféré qu'il en mette le dixième en oeuvre lorsqu'il était à la Municipalité (1993-2001), cela m'aurait peut-être évité d'avoir à régler maintenant ce problème...!
Ce qui est le plus curieux, c'est que le slogan de son association est "Le coeur de Vevey n'est pas à vendre". Mais comme il s'est mis lui-même en chasse d'un acquéreur prêt à donner quelque chose pour le Château de l'Aile, cela signifie qu'il faudrait compléter le slogan en rajoutant: "... sauf pour 2 millions" ! C'est une information que seraient certainement ravies d'apprendre les personnes qui font confiance à cette association et qui désirent sincèrement que le Château ne soit pas vendu.
Ce que j'ai un peu de peine à supporter, c'est que Pierre Chiffelle traite en public MM. Grohe et Gumy de "brigands" (en faisant référence à l'opéra-bouffe d'Offenbach qu'on joue au Théâtre de Vevey), la Municipalité étant bien entendu incluse dans le qualificatif, mais que personne ne puisse lui dire qu'il est lui-même un flibustier. (note du traducteur: un flibustier est un pirate qui, contrairement au corsaire, agit pour son propre compte et sans respecter les lois de la guerre).
En effet, toute cette offre d'achat par Socora est en fait une pure et simple manoeuvre de notre agitateur en chef. Il a fait ses études avec l'un des frères Piguet, l'avocat, avec lequel il est resté très lié. Lorsqu'il a voulu prouver que la Municipalité avait mal négocié la vente du Château, il est allé le trouver pour obtenir l'intervention de son frère le promoteur. Ces deux personnes sont certainement respectables, mais elles ont été complètement manipulées pour faire agir leur société Socora.
Lorsqu'un acheteur est intéressé par un bien, il prend normalement contact avec le propriétaire (dans ce cas: la commune). Eh bien, pas du tout cette fois. La Socora a obtenu le dossier de vente sans s'adresser à la Municipalité (devinez qui lui a transmis les informations nécessaires à la préparation de l'offre), a pu visiter le Château sans demander les clés au Service des finances (on sait que c'est Pierre Chiffelle qui a guidé la visite, certainement auprès de locataires compréhensifs) et a élaboré son offre sans demander à rencontrer la Municipalité pour négocier.
Finalement, on peut se demander pourquoi offrir seulement deux millions ! Parce que cette offre n'en est pas réellement une, puisque le coût de la rénovation a été estimée à 15 millions au pifomètre. L'architecte que veut mandater la Socora n'a pas eu le temps de faire une étude, il s'est donc contenté d'évaluer le cubage du Château et a multiplié par un coût moyen pour obtenir ces 15 millions. Et comme il est donc moins cher que MM. Grohe et Amsler, la Socora peut royalement offrir 2 millions pour le Château lui-même.
Seulement, en imaginant que le NON l'emporte, au moment où il s'agirait de confirmer l'offre et de négocier l'acte de vente, ces braves messieurs Piguet constateraient que leur évaluation pifométrique ne tient pas la route et qu'ils ne peuvent pas tenir les prix annoncés. Comme tant d'autres acheteurs "sérieux" auparavant, ils feront marche arrière et déclareront qu'ils renoncent à leur projet d'implantation. Le mal aura été fait et seul Pierre Chiffelle triomphera, dont l'objectif est prioritairement d'empêcher de changer quoi que ce soit au statut locatif du Château.
Un autre élément amusant est précisément le comportement des locataires. Depuis des années, ils exigent régulièrement du Service Gérance de la ville que soient posés des panneaux interdisant l'accès aux espaces réservés aux appartements. C'est à eux qu'on doit le joli panneau "Accès interdit" barrant le passage vers le jardin privatif. Mais maitenant qu'ils cherchent à empêcher la vente pour pouvoir demeurer dans le Château, ils participent gaiement avec Pierre Chiffelle à l'ouverture du jardin et des appartements, accueillent le Tout-Vevey pour des fêtes débridées... Que ne l'ont-ils fait durant ces dix dernières années où ils se sont gardé jalousement leurs locaux luxueux à loyer subventionné.
Un dernier indice que toute l'opération de l'offre de la Socora a bien été inspirée par Pierre Chiffelle, c'est que le timing est typiquement de lui, y compris dans l'erreur qu'il a faite. Comme il ne s'est plus engagé dans une campagne de votation depuis au moins 5-6 ans, il ne sait pas que le vote par correspondance a changé la manière de voter et de faire campagne. Tous ceux qui sont actifs dans un parti savent qu'il faut commencer à informer au moins 6 semaines avant la votation, car 20 à 30% des gens votent à réception des documents de vote (4 semaines avant dans le cas d'une votation fédérale comme ici). Comme Pierre ne l'a jamais expérimenté, il a cru qu'il pouvait, comme par le passé, lancer son brûlot 15 jours avant le vote. Cette erreur de timing prouve à l'évidence que l'auteur de la manoeuvre est un politicien qui n'a pas mené campagne depuis le vote par correspondance, ce qui indique la signature de notre camarade.
Un mien collègue aimait à me traiter d'"autiste", car j'étais d'après lui complètement enfermé dans mes idées et n'avais plus aucun sens de la relation avec les gens. Selon lui, j'étais déconnecté de ce que la population voulait vraiment.
Après les résultats enregistrés ce 17 juin 2007 (62,4% de oui), je peux lui répondre: "A autiste, autiste et demi..." !

Le mouvement favorable à la conservation du Château en mains communales était principalement composé... de personnes n'habitant pas Vevey ! Il est vrai qu'elles n'auraient eu que le plaisir de bénéficier d'éventuels aménagements publics sans avoir à en supporter le coût, comme pour les musées communaux, la bibliothèque, la piscine et autres installations sportives, etc.