Election compémentaire au Conseil d'Etat vaudois 2011

Le décès de Jean-Claude Mermoud, en septembre, est une surprise totale et plonge les partis dans un certain désarroi. L'obligation de le remplacer (on est à plus de 6 mois des prochaines élections cantonales) impose de trouver des candidats disposés à se risquer dans une aventure pour un peu plus de 6 mois. La difficulté est encore accrue par le fait que la campagne doit se dérouler pratiquement en même temps que les élections fédérales, le premier tour étant fixé entre les deux tours du Conseil des Etats. Il est évident que cela empêche quasiment tant Géraldine Savary que l'UDC Guy Parmelin, tous deux engagés pour les Etats, de se porter candidats.

Le PS aurait aimé avoir un candidat rassembleur de la gauche, et a tenté de motiver Daniel Rosselat (syndic hors parti de Nyon, proche des Verts), mais celui-ci n'a pas désiré lâcher la syndicature pour cette campagne tout de même assez risquée. Dans ces conditions, les Verts ont décidé sans concertation avec le PS de lancer leur propre candidate, Béatrice Métraux.
Sur ce, les dirigeants socialistes vaudois ont souhaité lancer une candidature interne de poids, et ils ont sollicité Nuria Gorrite, la syndique de Morges. Celle-ci a fait le même raisonnement que Rosselat et a clairement annoncé qu'elle préférait attendre le printemps prochain.
Ensuite, le PS s'est approché d'un second couteau (!) et a demandé... à Laurent Ballif ! Pour ma part, même si je ne peux pas nier que j'ai été tenté, j'ai décidé que j'avais plus à perdre qu'à gagner dans l'opération. Pour moi, le plaisir que j'ai à être syndic de Vevey ne saurait être mis en danger en cas d'élection en novembre et d'échec au printemps. De plus, alors que j'ai prévu de me retirer au terme de cette législature, je ne me voyais pas prolonger d'une année en occupant, de plus, une fonction dont j'ai pu constater qu'elle laisse très peu de temps pour les loisirs.
En l'absence de candidat crédible, le PSV a alors décidé de se rallier à la candidature verte, en se réservant toutefois de ne pas "offrir" un 2e siège vert au Conseil d'Etat le printemps prochain. On en reparlera le moment venu !

La campagne a opposé Béatrice Métraux à Pierre-Yves Rapaz, de l'UDC, qui n'est pas un candidat aussi blochérien qu'on a bien voulu dire mais qui s'est mis à dos la plupart des députés de gauche par des déclarations à l'emporte-pièce maladroites. Entre les deux, Vaud Libre a lancé la candidature du Montreusien Emmanuel Gétaz, ce qui était une bonne tactique de visibilité pour un parti très sérieusement menacé dans son existence le printemps prochain par l'émergence des nouveaux partis du centre.

Le premier tour a vu une avance claire de Métraux, mais sans que Rapaz ne soit ridicule (env. 40%), si bien que le second tour s'est révélé nécessaire. Gétaz, pour sa part, a obtenu environ 10%, mais avec des pics à 15% à Vevey et 19% à Montreux. Cela montre que Vaud Libre conserve encore une base électorale solide sur la Riviera, mais il est évident que tous ceux qui ont voté Gétaz ne seront pas forcément des électeurs de Vaud Libre au printemps prochain. Ce sont surtout des gens qui ne voulaient pas se rallier à une Verte ou à un UDC.

Au second tour, Béatrice Métraux l'a emporté assez nettement avec 54%, contre 43% à Rapaz. Il y a passablement de blancs, ce qui signifie que bon nombre d'électeurs sont allés voter mais n'ont pas voulu choisir entre ces deux candidats. La participation est demeurée présentable, juste au-dessus de 30%, alors qu'on a connu une série incroyable d'élections tout au long de l'année.

A Vevey, Béatrice Métraux aurait été élue dès le 1er tour, ce qui montre la force de la gauche. Mais on constate qu'il y a un peu moins de votes verts qu'à Lausanne, par exemple, ce qui est une indication intéressante. Au second tour, Béatrice Métraux a fait plus de 65%, pile dans le type de résultats qu'obtient usuellement la gauche à Vevey.

Dès le 1er tour, et même si la campagne a été très calme à Vevey comme ailleurs, on a vu apparaître une surcharge sur une affiche de Rapaz. Le texte est intelligent et reprend un gag sauf erreur de Chaplin à propos des nazis, qui étaient traités de bons Aryens. Ici, la déclinaison est particulièrement bien trouvée en réaction au slogan de l'affiche: "Je suis prêt" => "Prêt à tout, bon à-ryen" ! Je pense que l'auteur doit en être notre artiste maudit local...
 

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