Informatique

Quand j'étais au collège au Belvédère à Lausanne, vers 1963 ou 1964, j'avais deux amis très proches qui m'avaient monté un canular. Avec un grand carton, quelques lampes et des bouts de fil, ils avaient, selon leurs dires, construit une machine capable de répondre à toutes les questions. Ils m'avaient complètement bluffé et j'avais marché comme un dadais, avant de me rendre compte que c'était l'un de ces deux copains qui était caché dans le carton et qui actionnait la lampe en fonction de mes questions !
Cela m'a rendu soupçonneux vis-à-vis de ce genre de machines, et je ne m'y suis pas intéressé durant mes études. Il faut dire que les étudiants qui prétendaient utiliser les capacités de calcul des bécanes de l'époque devaient être statisticiens et mathématiciens, et préparer eux-mêmes les plans de perforation des cartes destinées à alimenter la machine. Comme je n'étais pas un fan de statistiques, j'ai préféré m'absorber dans le côté littéraire de la formation en Sciences politiques, laissant à d'autres l'aridité des chiffres.

C'est ce qui fait que j'ai mis un certain temps avant de me risquer dans l'informatique. En 1980, sauf erreur, ou 1981, j'ai visité le 1er salon Computer à Beaulieu, et j'ai posé quelques questions bêtes. En particulier, je me souviens d'avoir demandé: "Comment l'ordinateur sait-il que certains mots que je tape sur le clavier sont des commandes, et d'autres des informations que je lui demande de traiter ?" Comme le vendeur à qui je m'étais adressé - c'était Jean-François Fardel, un membre du VN qui travaillait chez Mafioly-Vevey - ne semblait pas avoir de réponse déterminante à cette question, j'ai laissé s'écouler un peu de temps avant de faire une autre tentative.
Cependant, j'avais un problème lancinant et dont tout le monde me disait que c'était le cas idéal à résoudre par l'informatique. Je devais expédier huit fois par année le bulletin du Vevey-Natation à 800 exemplaires. J'avais, pour ce faire, une vieille machine à empreinte, qui fonctionnait avec des plaques métalliques sur lesquelles étaient embouties les adresses. Au fil des déménagements, je n'avais plus qu'une cinquantaine de plaques utilisables, le service après vente pour refaire des plaques étant prohibitif, et je tapais donc plus de 700 adresses directement sur une vieille Remington noire, en faisant pénétrer individuellement chaque bulletin (format A5 - 20 pages) dans le rouleau et en mettant l'adresse dans un petit espace réservé.

A fin 1982, le frère de Catherine (mon épouse), Jean-Noël, prépare sa thèse de chimie. Pour ce travail, il s'intéresse à l'informatique et découvre les premières machines accessibles aux non-informaticiens. C'est en particulier l'irruption d'un bidouilleur de génie, Osborne, qui met sur le marché un ordinateur tout monté, portatif (une espèce de grosse machine à coudre d'une douzaine de kilos), et comprenant en kit un écran (minuscule, 5 pouces !), deux lecteurs de disquettes 5 pouces 1/4 (de 90 Kb, extensibles à 184 Kb en les rendant double face), une mémoire RAM de 64 Kb, une ROM minuscule, et surtout des logiciels inclus: Wordstar, Lotus123 et dBase. Le tout était vendu pour un prix incroyable de 6'000 dollars environ, soit le tiers de la machine professionnelle la moins chère de l'époque, qui ne comprenait de plus pas de logiciels inclus.
Il décide de s'en acheter un, et m'en parle, m'expliquant les fonctionnalités de l'engin. A l'époque, je n'y connais absolument rien, mais j'ai le sentiment que cette machine me permettrait de résoudre mon problème d'adresses pour le VN.
Je décide donc de me lancer et je lui dit de m'en commander un, le même que le sien.

 

J'ai fait un texte complet sur l'année 1983 et mon activité informatique au Vevey-Natation et pour la Fédération Suisse de Natation. Il fait 1,761 Mb en format pdf, si vous voulez le télécharger.

La transaction se fait par l'intermédiaire de la Librairie Meyer, à Fribourg, propriété de l'oncle maternel de Catherine et Jean-Noël.
Les tractations sont longues, car ce genre d'appareils est considéré comme du matériel scientifique sensible et, de plus, voyage par bateau. Mais un beau jour, alors que je rentre d'un camp d'entraînement avec l'équipe nationale espoirs à Frutigen durant les vacances de Pâques 1983, Catherine vient me chercher à la gare de Berne. Et, sur le siège arrière, elle a un énorme carton qui contient mon Osborne ! 

La suite dans les rubriques subséquentes.

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