Journal de campagne 3

Troisième partie du Journal de campagne. Je suis limité à 120 Kb par rubrique.

Dimanche 13 mars
J'ai fait un reportage sur cette journée et le commentaire des résultats sous la rubrique "Rés. 1e tour". Ici je commente juste ce qui s'est passé ensuite.
La Télé m'avait "convoqué" à Beaulieu pour 16h45, et j'avais répliqué immédiatement que je n'étais pas disponible à ce moment car nous avions fixé à 18h une assemblée de section pour déterminer notre stratégie pour le 2e tour. Ils m'ont finalement rappelé pour me dire qu'ils m'attendaient à 20h. Cela a apparemment irrité la droite, car certains ont reproché au PS de ne pas être parti à la fin de l'après-midi comme les autres candidats. Je ne vois pas en quoi cela les concerne, ils ont ainsi eu l'occasion de s'exprimer sans que je puisse leur répliquer !

L'assemblée de la section, convoquée pour 18h, est un peu retardée car nous n'obtenons que vers 18h15 les résultats définitifs de la Municipalité. Paradoxalement, les résultats du Conseil sont prêts presque en même temps, alors que nous n'en avons pas du tout entendu parler durant toute la journée.
Il y a une quarantaine de personnes présentes, pas seulement des candidats mais vraiment une palette représentative de tout le parti. Les commentaires sur les résultats sont satisfaits, et on en vient rapidement sur le nombre de candidats à présenter au 2e tour. L'éventualité de mettre 4 socialistes est très rapidement écartée car elle mettrait en danger Annick sans aucune raison. La question est surtout de savoir si nous partons à 4 avec la candidate verte.
Après une discussion très intéressante et intelligente, la section se prononce de manière massive (3 non et 1 abst.) pour partir à trois. C'est une position défendue par tous pour des raisons purement proportionaliste: la gauche, avec 47 sièges, ne peut pas prétendre occuper de manière bloquée 80% de la Municipalité. Le raisonnement est encore plus valable quant à une alliance plus large incluant Vevey Libre, d'autant plus que ce dernier parti a toujours prétendu qu'il n'entendait pas s'accoquiner avec quelque parti que ce soit !
L'objectif est de montrer que nous voulons laisser se faire le jeu politique et la possibilité aux forces en présence de défendre leurs chances sans bloquer les fronts. Cela signifie que nous devons affirmer que notre volonté est d'avoir nos trois candidats élus, et que nous laissons le jeu ouvert pour les deux autres sièges.
Formellement, donc, nous partirons à 3, mais il est clair que nous laisserons entendre que nous serions très heureux de collaborer avec les Verts à la Municipalité et que nous n'avons pas de grief particulier contre Vevey Libre.

 

Je vais ensuite à Lausanne pour La Télé, où j'arrive à la bourre (mais tout le monde l'est ce jour-là). On me maquille en vitesse et passe sur le plateau juste avec Jérôme et les deux journalistes Scheckter et Wasmer. C'est une rencontre beaucoup plus agréable que le débat précédent, car nous avons enfin un peu de temps pour faire des analyses et expliquer les choses. La Télé a très bien couvert cette journée, depuis le début de l'après-midi et avec encore une dernière heure récapitulative de 22h à 23h, en présence du Rédenchef de 24H et de LFM.

 

Samedi 12 mars
J'arrive tranquillement au marché en vélo vers 10 heures moins quart. Il fait beau, mais c'est en train de se couvrir. Il y a les stands du PLR, de l'UDC et de Vevey Libre, avec un immense espace vide entre eux. J'ai le sentiment que la ferveur n'est pas maximale aux différents stands, et j'en profite plutôt pour discuter avec des gens de VL.
Alors que je suis à la brocante sous la Grenette, Annick m'annonce par SMS qu'elle est au marché et disponible pour quelque chose si nous décidons de marquer le coup. Après s'être rejoints et concertés, nous discutons un moment avec différentes personnes devant la Grenette mais renonçons à distribuer des tracts ou à faire une promenade en vélo avec les caquolets. J'ai, pour ma part, le sentiment que les gens ont déjà tiré un trait sur ce premier tour et que tout le monde attend simplement les résultats de dimanche.

Vendredi 11 mars
Il fait un temps superbe, comme durant pratiquement toute la campagne. C'est juste dommage pour les réserves hydriques et la neige sur les pistes, mais c'est par contre des conditions idéales pour militer dans la rue !
J'ai appris qu'en fin de matinée nous en sommes à 26% de votants, ce qui me semble faible. Mais je n'ai pas la comparaison avec la situation il y a cinq ans. A mon sens, on sera vraisemblablement entre 30 et 33%, mais pas plus. Habituellement, il y a entre 120 et 150 votants le dimanche pour une votation, peut-être qu'il y en aura 500 pour une élection.
En fin d'après-midi, je fais un petit passage sur les quais; les gens ont l'air en vacances, et on n'a vraiment pas le sentiment d'être à la veille d'un scrutin important ! Le soir, je me dis que, compte tenu du nombre relativement faible de gens qui ont déjà voté, cela vaut peut-être la peine de faire malgré tout un stand au marché le lendemain, alors qu'on avait décidé d'y renoncer. J'envoie un SMS à Marcel et à Annick les avertissant que je serai pour ma part au marché vers 10h et qu'on pourrait voir à faire quelque chose.

Jeudi 10 mars
En fin de matinée, après la séance de Municipalité, nous recevons les élèves du Visual Merchandising qui ont participé au mandat pour trouver un "give-away" pour la Ville. On leur remet un diplôme, qui pourra leur servir pour leur cv au moment de faire des offres. Ils sont accompagnés par une classe d'apprentis de Carpentras, qui sont justement à Vevey ces jours et qui ont visité le CEPV dans la matinée. C'est une occasion de faire quelques considérations politiques sur les systèmes respectifs de la France et du canton de Vaud, en évoquant le maire de Carpentras (socialiste) qui a renversé la majorité lors des dernières élections.
En fin de journée, je renonce à aller au Conseil de la CIP car il y a des vernissages à Vevey, dont un très important, celui de la nouvelle exposition de l'Alimentarium, "Tout un plat !". Juste avant, il y a celle d'une nouvelle galerie, l'Inédit, à la rue du Lac, qui me permet d'avoir une discussion très instructive sur la manière dont de nouveaux commerçants (ils sont arrivés en octobre et habitent à Evian) ressentent l'ambiance dans la Vieille Ville et la position du GIVV face à ces problèmes de circulation. Ils ont été effarés de voir le nombre de pétitions qu'on a tenté de leur faire signer
Pendant la visite de l'exposition de l'Alimentarium, je suis abordé par une dame de La Tour-de-Peilz, qui s'excuse de m'aborder mais qui désire me faire part de fait graves. Et elle me fait une déclaration assez similaire à celle reçue par mail pour l'ancien disciple de Cravanzola, mais cette fois pour un candidat PDC, qui s'annonce comme chef d'entreprise dans la branche de l'électricité. Elle me déclare tout de go que j'aurais dû interdire à cette personne de se porter candidat, mais je lui fais la même explication, comme quoi ce n'est pas à moi de me substituer à la justice ou à qui que ce soit pour valider des candidatures. Elle m'affirme qu'elle a eu à se plaindre de son action dans sa maison, qu'il n'a pas respecté le devis, et qu'il a été blâmé par l'autorité patronale auprès de laquelle elle avait déposé plainte.
Je ne peux rien faire d'autre que de lui dire, à elle aussi, que c'est au peuple de faire le tri parmi les candidats, tout en la rassurant sur le fait que ce genre de casseroles sont généralement connues et ressortent toujours au bon moment. 

Mercredi 9 mars
Je trouve un mail affolé d'une dame qui s'annonce comme ancienne adepte de Jean-Michel Cravanzola. Elle s'inquiète que l'ancien numéro 2 de la secte ait été autorisé à être candidat à la Municipalité. Elle considère cela comme un nouveau signe de la soif du pouvoir dont il faisait déjà preuve lorsqu'il était le disciple principal chargé de la stratégie de la secte. Je lui explique longuement que ce n'est pas le rôle de la Municipalité de trier les candidats, que les lois usuelles s'appliquent et qu'il n'y a pas de dispositions légales ou pénales applicables dans ce cas d'espèce. C'est la responsabilité des électeurs de faire leur choix en connaissance de cause. Elle n'est que moyennement convaincue mais au moins elle a compris que ce n'est pas le rôle du Syndic d'empêcher des concurrents de se présenter !
En fin d'après-midi, en sortant de l'Hôtel-de-Ville, je croise deux candidats PLR qui posent une affiche à la place de l'Hôtel-de-Ville. C'est un appel à voter qui s'adresse à tous les citoyens, sans donner de consigne de vote. C'est une démarche intéressante et honorable, le texte est honnête. Il s'agit effectivement de tenter d'atteindre au moins le taux de 33% qui était celui de 2006 (j'ai l'impression que c'était plus, qu'il y avait 4'000 votants au moins, je vais contrôler).
Il est évident, toutefois, que la démarche du PLR n'est pas absolument innocente. Les analystes disent en effet que, lorsque le taux de participation à une élection est faible, l'équilibre des forces a moins de chance d'être bouleversé. Pour réussir à secouer la majorité, le PLR doit donc impérativement mobiliser des gens qui ne se sont pas exprimés en sa faveur lors du scrutin précédent.

Je constate, en discutant avec plusieurs personnes qui ont vu cette affiche qu'elles ne se sont pas forcément rendu compte que c'était le PLR qui l'avait faite. Avec leur ligne graphique sophistiquéeé, cela passe presque pour une communication officielle, comme cela avait déjà été le cas lors de leur campagne de mai 2010 où ils demandaient des idées pour 2011.
Le lendemain, 24 Heures consacre un 4col en page 3 sur la faible participation (bien sûr, c'est une sujet polémique !). Il y est évoqué l'affiche réalisée par le PLR veveysan, avec une grande photo montrant les deux candidats en train de poser le panneau vers la Grenette. Soyons honnête, c'est de bonne guerre et la réaction du PLR est à saluer, nonobstant ce que j'ai mis plus haut.

 

(A propos de l'orthographe, on voit qu'ils ont écrit "Veveysanes" pour le féminin. C'est la manière dont le logiciel Word corrige les textes, mais l'orthographe officielle est "Veveysannes", avec deux "n")

Mardi 8 mars
Pour la Journée de la Femme, le PS Vevey fait deux séances de distributions, à midi devant Saint-Antoine et en fin d'après-midi à la gare. C'est Annick qui s'en occupe avec plusieurs candidats, mais Marcel et moi ne sommes pas disponibles, car nous avons la commission pour les motions en suspens. Ce qui est distribué est un petit tract similaire à celui de la Saint-Valentin le 14 février, un document destiné à sensibiliser les femmes à l'engagement politique. Il y a également à nouveau un petit chocolat.
Pendant que je suis au Grand Conseil, je me dis que je pourrais demander à Smets de préparer un appel à voter sur les bornes et écrans. Mais j'y renonce puisque j'ai donné consigne de faire retirer les annonces PDC. Certains esprits mal tournés pourraient considérer que la Municipalité se permet ce qu'elle interdit aux partis.

Lundi 7 mars 2011
Cette dernière semaine de campagne est censée être calme. Mais j'apprends lundi matin du Greffe que plusieurs communes s'affolent parce que le taux de rentrée des votes par correspondance est faible. Lausanne est à 14%, soit 5% de moins qu'il y a 5 ans. A 11h, je rencontre la Municipalité de La Tour qui vient visiter nos caves et Nicole Rimella me confirme qu'eux aussi sont très bas et nettement derrière les taux de la législature précédente.
Je demande à notre Secrétaire municipal, et il m'informe que nous ne sommes pas dans une situation aussi défavorable. Je crois me souvenir qu'il me dit que nous sommes à 19% environ, soit 1% en retrait par rapport à 2006, ce qui peut s'expliquer par les vacances qui ont eu lieu jusqu'au 6 mars. J'espère que les gens voteront de manière plus importante durant cette semaine, en profitant qu'ils sont rentrés de vacances.
Smets m'avertit également que le PDC a obtenu, contre paiement, de faire passer ses annonces sur les écrans et bornes de la Ville. La Municipalité avait pourtant décidé que ce moyen ne serait pas mis à disposition des partis, ni en payant, ni gratuitement, pour éviter la confusion du message entre présence gratuite et présence payante. Le leader du PDC est parfaitement au courant de ce fait, puisque je l'avais expressément dit lors du débat sur l'achat des nouveaux écrans. Et il avait dit à ce moment-là que c'était à cause de cela qu'il s'opposait aux nouveaux écrans. Je dis à Smets de donner consigne à Frappe Communication de respecter la décision de la Municipalité et de renoncer à publier ces annonces, quitte à rembourser le commanditaire.
Vu la faible participation au vote jusqu'à maintenant, c'est d'autant plus intéressant que nous ayons prévu, dans le cadre de la stratégie du PSV, de faire une action de distribution mardi 8 pour la Journée de la Femme. Annick est déjà passé vendredi pour avoir le matériel à distribuer et nous sommes prêts.
Les journaux évoquent tous cette faible participation, sans imaginer d'ailleurs qu'une des raisons pourrait bien être qu'ils ne jouent plus leur rôle de formateur d'opinion, puisqu'ils évitent soigneusement de rendre compte de la campagne, pour ne pas parler de leur manque de présence tout au long de la législature pour informer les citoyens de ce qui se passe dans leur ville. Les journalistes sont incités à ne s'occuper que des affaires "juteuses", et ne parlent donc en principe pas de ce qui se passe de bien dans les communes vaudoises.

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