Petite enfance

Comme l'Association des parents d'élèves (apé) de Vevey m'a demandé, en tant que candidat, mon avis sur l'accueil des écoliers hors des horaires scolaires, je mets ici ma réponse. C'est un bilan de la politique que j'ai amené la Municipalité à mener. Elle ne concerne que l'accueil des enfants en âge scolaire. Je mettrai également quelque chose sur la petite enfance lorsque j'aurai du temps, et j'y joindrai quelques idées sur les projets que je suis en train d'étudier.

"Je réagis à votre circulaire adressée aux candidats à la Municipalité et je me permets de regretter qu'elle soit si peu adaptée à la situation spécifiquement veveysanne. En effet, bien qu'elle soit adressée au nom de la section apé-Vevey, on voit bien que le texte en a été concocté par les instances cantonales de l'apé pour culpabiliser les membres et candidats à un exécutif.
Je trouve cela particulièrement injuste pour Vevey, vu que la situation est loin d'y être défavorable, comme vous le savez puisque vous avez eu en mains un recensement des places disponibles. Et j'estime avoir fait mon travail de municipal sensible à ce problème de l'accueil de jour depuis mon entrée en fonction en 2001, puisque j'ai finalisà un projet qui trainait depuis des années en créant l'UAPE de la Campanule, et que j'ai créé depuis la première impulsion la nouvelle garderie des Cèdres de 65 places et agrandi les accueils disponibles aux Marionnettes et à la Barcarolle. Ces créations ont, de plus, été réalisées en utilisant au mieux les moyens de subventionnement existant (notamment le financement fédéral durant 2 ans renouvelable) et d'autres appuis inédits (Nestlé et les communes avoisinantes). Enfin, nous sommes à ma connaissance la seule ville du canton possédnt à la fois des garderies communales (avec du personnel employé communal et non pas dépendant d'associations) et ayant réussi à mettre sur pied une convention de prise en charge du déficit avec 5 communes voisines et la plus grande entreprise du canton (Nestlé). Ce sont des avancées décisives à la fois en matière de gestion (prise en charge de la petite enfance au niveau régional) et de financement (diminution du coût de base par la prise en charge des communes voisines). Enfin, le tarif de nos garderies est très social, étant d'un coût très bas (env. 300.-/mois) pour les familles en difficulté (voire moins si elles sont à l'aide sociale) et avec une forte progressivité pour les hauts revenus, sans compter que le 2e enfant accueilli paie moitié prix et que le 3e enfant d'une même famille est accueilli gratuitement !
Je vais d'abord vous rappeler les chiffres que vous aviez vous-mêmes relevés pour l'accueil des écoliers (nous ne parlons pas de la petite enfance, puisque c'est apparemment uniquement les enfants en âge scolaire qui vous intéressent).
Barcarolle: env. 20 enfants (avant l'école, à midi et après l'école)
Marionnettes: env. 40 enfants (idem)
Pomme d'Or: env. 60 enfants (certains uniquement à midi, salle à manger supplémentaire créée en 2004)
Campanule: env. 45 enfants (en majorité uniquement à midi)

Il faut remarquer que ces places correspondent aux enfants qui mangent à midi, mais qu'il reste encore passablement de places disponibles pour des enfants qui auraient à venir avant ou après l'école. C'est pour le repas de midi principalement que nous sommes proches de la saturation.
Pour le repas de midi, il faut préciser que la salle du Panorama est ouverte, depuis 2005, également aux petites classes, le besoin s'étant fait sentir d'accueillir également des enfants des niveaux 1 à 4 qui n'avaient pas l'envie ou la possibilité d'aller à l'UAPE (qui est plus chère qu'un repas au Panorama). Cependant, il faut bien comprendre que le Panorama n'est pas un snack, mais bel et bien une structure éducative, avec un encadrement. Le succès rencontré ces derniers mois a obligé l'école à dédoubler son équipe d'encadrement (mais je ne suis pas absolument au courant de cette gestion, le Panorama ayant été rattaché à Ecole).

Outre ces structures institutionnelles, il ne faut pas oublier le réseau de mamans de jour, qui accueille également, parmi la septantaine d'enfants du réseau, un certain nombre d'écoliers (mais je n'ai jamais précisément demandé ce chiffre, qui n'est pas significatif).

Par ailleurs, il faut prendre en compte, dans l'effort que fait la ville pour prendre en charge les enfants hors de la période scolaire, les nombreuses structures que la commune finance soit complètement, soit partiellement. Je vais en faire une énumération rapide, qui n'est peut-être pas exhaustive vu que ce secteur est partagé entre mon dicastère et l'animation Jeunesse, voire Ecole.
Devoirs surveillés: la ville finance intégralement ces prestations gratuites, qui sont largement utilisées. Ce n'est pas le canton qui les impose, c'est vraiment la ville qui a fait le choix de les développer.
Sport facultatif: l'immense majorité des communes a coupé dans le programme des sports scolaires facultatifs depuis une année ou deux, comme le sait bien votre ancienne présidente Mme Lavanchy (que je côtoie dans la Commission cantonale du sport). Vevey, au contraire, a développé son offre d'une manière impressionnante, et son service des sports joue un rôle actif pour l'encadrement des jeunes hors des horaires scolaires. Cet encadrement s'est étoffé depuis deux ou trois ans avec la création de camp de vacances durant les vacances scolaires, où l'on peut réserver sa place directement sur internet, et des colonies de jour durant les vacances scolaires également. Je pense qu'il n'y a guère que Lausanne qui a quelque chose d'approchant.
Equinox: ce centre de jeunes ouvert en principe aux 14-18 ans accueille également beaucoup de petits frères et petites soeurs dès 12 ans. Nous sommes conscients qu'il n'est pas forcément adéquat pour les plus jeunes, mais il faut, là aussi, savoir que ce n'est pas un simple centre de loisirs. Les enfants sont pris en charge par des éducateurs formés et qualifiés il y a un projet pédagogique d'encadrement, des mesures compensatoires qui permettent de recadrer les plus déstructurés. Sans parler, naturellement, des deux postes d'éducateurs de proximité et des structures comme Ginkgo, Jet Service, Tem, les stages de STOMP, qui se trouvent à proximité et sont là pour réinsérer les jeunes sortis de l'école sans avenir professionnel.
La Jouerie de Gilamont: cette structure a été créée il y a plus de vingt ans par une association privée (Animation Jeu) pour encadrer les jeunes du quartier défavorisé de Gilamont, dans une optique d'insertion. La ville a commencé à la soutenir à la fin des années 90. A la suite d'une étude approfondie du quartier financée par la commune en 2000-2001, nous avons décidé d'utiliser la Jouerie comme instrument d'intégration des étrangers et nous avons doublé le soutien communal (actuellement 20'000 francs plus la gratuité des locaux et de certains équipements). C'est une structure très professionnelle, qui emploie deux personnes fixes et assure, avec une quinzaine de stagiaires venant pour la plupart de l'EESP à Lausanne, une ouverture durant 5 après-midi par semaine durant toute l'année sauf les vacances d'été. Des animations sont également organisées les week-ends et lors de certaines fêtes. Il s'agit d'une structure d'accueil pédagogique et éducatif et pas d'un centre de jeu.
Le Trempoline: une nouvelle structure privée s'est créée en été 2005, qui est destinée à soutenir les enfants de la zone Place Robin pour des appuis scolaires et un encadrement pédagogique. C'est une association menée par des enseignants, et la ville a commencé à la financer et à la soutenir dans ses démarches pour obtenir des fonds cantonaux et fédéraux.
Association des Aventuriers: une animatrice théâtrale a mis sur pied, avec l'appui de nos services, différentes actions durant l'année pour prendre en charge les enfants de Gilamont. Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec sa manière de s'imposer, c'est une structure supplémentaire de prise en charge et d'encadrement qui est financée partiellement par la ville, et qui accueille en particulier un grand nombre d'enfants durant les vacances scolaires.

Je suis persuadé que je n'ai pas fait le tour de toutes les institutions et structures qui existent pour prendre en charge les écoliers et qui sont, tout ou partie, financées par la commune. A mon sens, vous devriez également prendre en compte les sociétés sportives, qui sont financées par le fonds intercommunal en fonction du nombre d'enfants de 6 à 20 ans qui sont membres. Cela représente plusieurs milliers de francs pour les clubs qui accueillent un grand nombre d'enfants, comme la gym, le football, le basket ou la natation, pour ne prendre que des exemples que je connais.

Tout ceci pour vous exprimer donc ma relative déception de constater que tous ces efforts sont d'une part méconnus, et d'autre part traités un peu par-dessous la jambe dans une phrase comme "L'état des lieux que nous avons réalisés met en évidence une carence importante de places d'accueil parascolaire". J'ose espérer que ces mots ont été rédigés par votre direction cantonale, à qui je vous prie de bien vouloir transmettre le pr鳥nt mail.

Enfin, je vous signale que je n'ai pas reçu l'annexe annoncée avec votre lettre, et que je n'ai donc pas pu me rendre compte par moi-même de la situation effroyable dans laquelle se trouvait la ville de Vevey.

Sachez en tout état de cause que mon intention est bien de poursuivre dans la voie que j'ai choisie en matière de prise en charge de la petite enfance, pour ce qui est en tout cas de la compétence de mon dicastère, et que je m'efforcerai non pas de convaincre, mais simplement de faire connaître les superbes résultats déjà obtenus par Vevey depuis une quinzaine d'années, indépendamment de tout clivage partisan."

En ce qui concerne la petite enfance, c'est-à-dire l'âge pré-scolaire, la ville de Vevey a une situation pas trop défavorable. Il y a tout d'abord quatre garderies communales, où le personnel est donc composé d'employés communaux. A propos du personnel, j'ai pu revaloriser quelque peu le niveau salarial à l'engagement, qui était misérable dans le cadre de la précédente évaluation des fonctions. Maintenant, une jeune éducatrice formée débute au moins à plus de 3'000 francs par mois, ce qui n'était pas le cas précédemment ! De plus, Vevey paie la formation en cours d'emploi et rémunère même une partie du temps consacré à cette formation. Avec une progression salariale plus rapide qu'ailleurs (qui favorise la fidélité), ce système de formation et des conditions de travail très agréables (nos garderies sont belles et ont toutes un jardin), nous n'avons pas de problème pour recruter les éducatrices, qui sont pourtant une denrée rare actuellement.

A mon entrée en fonction, il y avait à Vevey trois garderies:
- les Marionnettes avec 60 places
- la Barcarole avec 55 places
- les Sapins avec 15 places (un seul étage)
La première amélioration qui a été faite a été l'aménagement du 1er étage des Sapins, qui a permis d'accueillir 10 à 15 enfants de plus.
Ensuite, le projet des Cèdres a été entièrement développé entre fin 2001 et juin 2002 (adoption par le Conseil) et ouvert en mars 2003, avec une capacité de 60 places environ.
Puis des aménagements ont été faits aux Marionnettes, en adaptant également l'encadrement aux normes du SPJ, qui ont permis de créer 22 places supplémentaires.
Enfin, un accord de financement a été établi avec la halte-garderie des Galopins pour créer 5 places permettant d'accueillir des nourrissons.

Les autres aménagements ont permis de développer l'accueil à midi pour les écoliers, et je l'ai déjà évoqué dans ma réponse à l'apé. Mais il y a eu aussi:
- le jardin complètement aménagé aux Sapins
- la création d'une cuisine desservant les Cèdres et la Barcarole pour améliorer la qualité des repas
- l'installations pour entreposer les poussettes des familles.

Sur le plan de la gestion, Vevey a signé en 2002 avec Nestlé et en 2003 avec Corseaux/Corsier/Chardonne/Jongny une convention de financement des garderies. Ces entités paient à Vevey le déficit moyen de chaque journée occupée par un enfant des communes concernées ou de parents travaillant chez Nestlé. Cela a permis de répondre au problème de places pour ces communes sans cependant les privilégier (les parents sont dans la liste d'attente comme les Veveysans). De plus, c'est un geste concret de la régionalisation de ce service, qui va de toute manière imposée par la future loi.
Nous avons également redéfini le tarif des garderies. Nous avons maintenu le fait que le 2e enfant coûte moitié prix et le 3e est "gratuit", mais nous avons accentué la courbe de progressivité. Cela signifie que les familles peu aisées paient peu, mais que les parents aisés paient pratiquement le prix coûtant.

Depuis 2002, Vevey a gagné plus de 2'500 habitants, et la progression n'est pas terminée. Il faut donc prévoir d'augmenter les capacités d'accueil. En ce début d'année, nous avons une liste d'attente d'environ 100 enfants d'ici à la reprise de l'été 20006.
Les projets que nous étudions sont tout d'abord un projet d'accueil de jour pour la commune de Corsier, qui devrait être un peu à cheval sur les deux communes et répondre à des besoins communs.
A court-moyen terme, le bâtiment des Marionnettes pourrait être entièrement affecté à la garderie (un étage est encore réservé à un appartement). Cela permettra d'augmenter de 20 à 30 places la capacité de cette institution.
Nous étudions également le transfert des Sapins, dont les bâtiments sont destinés à plus ou moins long terme à la démolition. Ce sera l'occasion de trouver des locaux plus grands et d'en faire une garderie similaire au modèles des autres établissements veveysans (env 60-80 places).
Enfin, nous avons pris des contacts avec les promoteurs du quartier des ACMV. Selon toute vraisemblance, il y aura là 150 à 200 appartements, et il est indispensable d'adapter nos structures d'accueil dans cette zone. L'architecte est très favorable à intégrer dans le projet des équipements publics de ce type, et nous pourrons préparer le plan financier de l'opération dès que les plans auront été établis pour l'ensemble.

L'accueil de la petite enfance coûte environ 2 millions net à la ville de Vevey par année, tout compris (également le réseau des mamans de jour et les UAPE ainsi que la gestion des bâtiments). En tenant compte de la participation des parents et des communes voisines, une place en garderie coûte par année un montant incompressible de 10'000 francs ! Il faut cependant savoir qu'une place permet d'accueillir 1,5 enfant, puisque pratiquement aucun enfant n'est placé à la semaine toutes les journées.
Même si le choix a été fait par le Conseil communal d'accepter ce fonctionnement, le Service s'efforce de minimiser ces coûts. Un des moyens est le financement fédéral, qui était censé garantir 5'000 francs par année et par place nouvelle. Malheureusement, le crédit global dédié à ce subventionnement a été limité en ampleur et dans le temps, si bien que les collectivités qui ont joué le jeu et qui ont créé des places, comme Vevey, n'ont pas reçu la contribution au niveau espéré. C'est une trahison dont le Parlement fédéral ne s'est pas vanté.
L'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'accueil de jour des enfants (LAJE) permettra également aux communes qui ont créé des institutions de voir leurs charges diminuer. La Fondation qui va être créée payera entre 12 et 18% des frais salariaux, ce qui constituera une recette intéressante. D'autant plus que Vevey pourra déduire pendant 4 ans de la contribution qu'elle doit payer à la Fondation les frais qu'elle a eus pour financer jusqu'à aujourd'hui ses garderies. L'entrée en vigueur de la loi signifiera donc pour Vevey une recette nette importante durant 4 ans, et toujours significative par la suite.

A plus long terme, on s'achemine certainement vers une "journée scolaire globale", pour laquelle le canton et les communes (surtout) devront mettre sur pied un accueil péri-scolaire (pas seulement une cantine à midi). Si ce changement sociétal intervient, Vevey sera bien armé pour étoffer un réseau qui permet déjà aujourd'hui à répondre (parfois de manière incomplète, certes) à pratiquement toutes les demandes.

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